Énergies fossiles et transition énergétique à l’ère des faits alternatifs

by / lundi, 08 janvier 2018 / Published in Communiqués

Énergies fossiles et transition énergétique à l’ère des faits alternatifs
La déception est cruelle : à l’ère des faits alternatifs, la science n’est plus muselée, elle est maintenant manipulée.

Alerte Pétrole Rive-Sud vous partage une lettre pertinente de la coordonnatrice générale du Regroupement Vigilance Hydrocarbures Québec , Mme Carole Dupuis.

Une décennie d’obscurantisme, la population canadienne a cru voir briller une lueur de raison au bout du tunnel quand Justin Trudeau, pendant sa campagne électorale de 2015, a affirmé avec fougue que son gouvernement prendrait des décisions « basées sur les faits et la science ».

La déception est cruelle : à l’ère des faits alternatifs, la science n’est plus muselée, elle est maintenant manipulée. Tant au palier provincial qu’au fédéral, on utilise son nom, pauvre science!, pour convaincre la population d’accepter des projets de développement des énergies fossiles qui contredisent carrément l’état des connaissances sur le climat et la protection de l’eau.

À Ottawa : des décisions troublantes, un enrobage scientifique bien mince

Par exemple, le premier ministre Trudeau a applaudi le « plan climat » de l’Alberta en le décrivant comme « un pas très positif dans la lutte contre les changements climatiques », alors que ce plan permet une hausse de 40 % des émissions de gaz à effet de serre associées à la production de pétrole des sables bitumineux. C’est aussi en se réclamant d’une évaluation « rigoureuse » fondée sur « la science la plus solide qui soit » que son gouvernement a approuvé le mégaprojet de liquéfaction de gaz naturel Pacific Northwest en Colombie-Britannique.

De même, c’est en invoquant « la science et des données probantes », et même l’espoir de laisser « un pays plus propre » à nos enfants, que le premier ministre a donné son accord à l’expansion du pipeline Trans Mountain en Colombie-Britannique. Finalement, malgré ses promesses, Ottawa n’a toujours pas de plan pour éliminer les subventions aux énergies fossiles.

Cette dérive sémantique n’est pas anodine. Pour en saisir la portée, il faut se rappeler que les émissions du secteur pétrolier représentent déjà 25 % des gaz à effet de serre (GES) émis au Canada, que le gouvernement Trudeau a promis de réduire les émissions totales de GES de 30 % d’ici 2030 par rapport à 2005, et que jusqu’à présent, les réductions atteignent seulement 2,2 %. Sachant cela, force est d’admettre que ces décisions sont éminemment troublantes – et que leur enrobage « scientifique » est tellement mince qu’on voit à travers.

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